XXIe Congrès des Amis de la Nature: L’Afrique à Graz

L’avenir du mouvement des Amis de la Nature serait‐il africain? On pourrait tirer cette conclusion au vu de la priorité accordée à l’éducation environnementale et de la basse moyenne d’âge des organisations membres et partenaires africaines. Neuf délégués de sept pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest ont participé au Congrès 2011 des Amis de la Nature à Graz. Pour quelques‐uns d’entre eux ce fut le premier voyage en Europe – ce qui ne peut pas surprendre face aux obstacles que l’Union européenne érige lorsque des Africains et des ressortissants d’autres régions du monde souhaitent obtenir des visas. C’est que les autorités les suspectent tous de vouloir s’établir au « paradis social » Union européenne … Quoi qu’il en soit, l’Internationale des Amis de la Nature (IAN) a fait honneur à son nom, ayant réussi à faire entrer ponctuellement en Autriche tous les délégués.

Les Amis de la Nature africains ont été unanimes pour dire que la mise en réseau internationale avec des personnes partageant les mêmes idées, à travers générations et continents, compte énormément pour eux. L’expertise du mouvement des Amis de la Nature en matière d’organisation de projets de conservation concrets, mais aussi en matière de financements est très importante pour toutes les organisations membres et partenaires en Afrique. Les visites réciproques d’organisations d’Amis de la Nature sont très appréciées, dans l’esprit de l’amitié et de l’apprentissage mutuel. La solidarité internationale, une valeur traditionnelle du Mouvement des Amis de la Nature, est incontournable, également au 21e siècle.

ASAN Sénégal et Case Togo – les organisations membres africaines
La fédération membre sénégalaise – Association Sénégalaise des Amis de la Nature (ASAN) – a été représentée par Mamadou Mbodji et Djibi Seydi ; Pablo Agbogan et Eric Dogbe‐Tsogbe ont représenté l’association membre Case Togo‐Amis de la Nature. Les deux organisations accordent une priorité dans leur travail à l’éducation environnementale, notamment celle destinée aux jeunes, ainsi qu’aux reboisements et à la lutte contre la déforestation. Ces derniers jouent surtout un rôle important au Sénégal, pays gravement atteint par des phénomènes d’érosion. En Afrique la protection de l’environnement et l’engagement social, notamment la lutte contre la pauvreté largement répandue, par l’aide à l’autopromotion, vont souvent de pair : Case Togo par exemple a développé un modèle de pisciculture durable pour les communautés villageoises, procurant aliments et revenus d’appoint.

Les nouvelles organisations partenaires se présentent
Cinq nouvelles organisations partenaires de pays aussi différents que l’Algérie, la Gambie, la Guinée, le Cameroun et le Mali se sont fait représenter au Congrès : Abdellatif Hedibi a présenté l’organisation partenaire algérienne ATLED (Association de Tourisme et Loisirs et Échanges des Jeunes et Développement Durable), regroupant plus de 600 adhérents et travaillant sur des projets concrets de protection de la nature et d’éducation environnementale scolaire. Dans le cadre de chantiers internationaux l’association entretient et renouvelle des bosquets de dattiers et des vergers atteints par la désertification progressive.
Momodou Lamine Kinteh de Gambie est venu pour l’association Friends of Nature Gambia, dont la principale activité est l’éducation à l’environnement. Selon le délégué gambien, ce n’est qu’à travers l’éducation que l’on peut parvenir à maîtriser les problèmes dus à la croissance démographique continue et à la dégradation de l’environnement.
Nanamou Sékou Kader, venu de Guinée, a présenté le travail de l’association ALUSFADE‐Guinée dont les militants, au nombre d’à peu près 750, se concentrent sur la protection de la nature concrète, mais travaillent également dans le domaine de la lutte contre l’analphabétisme, la faim et le SIDA.
Pierre‐Paul Moubitang a expliqué les priorités d’action de Save Africa, une jeune organisation camerounaise avec environ 300 adhérents ; elles concernent un modèle d’agriculture villageoise en harmonie avec la nature. La lutte contre le déboisement illégal et les feux de brousse qui sont même un problème majeur dans les parcs nationaux du Cameroun, est une autre priorité de Save Africa.
Au Mali l’organisation partenaire 2ADIB MALI – Amis de la Nature, une organisation de base créée par des enseignants, travaille dans les domaines de la protection de la nature et de l’alphabétisation.
Emmanuel Agbete de 2ADIB a expliqué qu’en Afrique, en raison du respect témoigné aux personnes âgées, il est souvent difficile pour des plus jeunes de critiquer ouvertement des comportements. 2ADIB espère pouvoir atteindre, à travers les enfants, les parents et les grands‐parents de ceux‐ci. Comme l’organisation partenaire en Algérie, celle au Mali organise des chantiers internationaux.

Source: nf-int.org



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